La vengeance d’Horus, voici un produit qui a suscité mon intérêt :
Le jeune Khéty, paysan du Nil devenu l’héritier du trône d’Horus, goûte à Cnossos le repos forcé de l’exil. N’est-ce pas grâce à lui, pourtant, que Shareq a fini par coiffer la couronne d’Egypte ? En épousant sa fille, Khéty n’est-il pas aussi devenu l’héritier de ce souverain dont l’empire s’étend de la vallée du Nil jusqu’au pays de Canaan ?Que de chemin parcouru depuis sa première expédition ! Après avoir pris les armes contre l’envahisseur, puis compris que les Hyksos n’étaient pas les barbares que l’Egypte redoutait, Khéty découvre en Crête minoenne une société pacifique, régentée par les femmes. Il s’en faudrait de peu qu’il ne s’abandonne aux charmes de cette île, si ne le hantait le sort de l’Empire, tombé aux mains d’un traître…Le secours du roi de Cnossos ne sera pas vain pour que s’accomplisse enfin, par le bras de Khéty, la volonté d’Horus : la reconquête du trône d’Egypte par un de ses enfants. Mais que vaut la royauté quand un être vous manque et que cet être est une femme : Iset, sa première épouse disparue ?Une vie de voyages et sa passion pour l’histoire, l’ethnologie et l’archéologie ont fait de Guy Rachet l’un des maîtres du roman égyptien, depuis Les Vergers d’Osiris (Olivier Orban, prix RTL 1981) et Le Manuscrit secret du Nil (Le Rocher, 1993) jusqu’aux cinq tomes du Roman des pyramides (Le Rocher, 1996-1998). Le Maître des serpents est l’ultime volet des Larmes d’Isis, sa trilogie située dans l’Egypte décadente du XVIIe siècle av. J.-C.Extrait du livre :La cité de Cnossos s’était jadis développée sur les pentes d’une petite colline du nord de la Crète, au pied du palais. Au cours des siècles, le premier palais avait été remanié, partiellement détruit à la suite de tremblements de terre, reconstruit en plus beau, puis de nouveau agrandi. Quelques décennies avant qu’Astérion, le père de Yawa, n’accède à la fonction royale, une série de forts séismes avait une fois encore abattu la résidence du souverain, ainsi qu’une grande partie de la ville. Un nouveau palais, plus vaste que les précédents, avait alors été édifié. La ville non seulement avait été relevée de ses ruines, mais elle s’était prodigieusement étendue en direction de la mer, au point que ses faubourgs avaient finalement rejoint les maisons de son port, Amnisos. Cette opulence jamais atteinte par le passé lui venait de l’empire commercial dont la cité s’était doté, soit en installant des comptoirs dans les diverses îles des mers situées au nord et même sur les rives du continent qui allait prendre le nom de la nymphe Europe, soit en développant des échanges commerciaux avec les ports de la Syrie, de Canaan et, pendant quelques années, avec les cités fluviales établies le long des diverses branches du Nil. Khéty avait été prodigieusement impressionné par la taille du nouveau palais, avec ses esplanades, ses envolées d’escaliers, ses portiques superposés ouverts sur une immense cour rectangulaire au centre de l’ensemble palatial, ses interminables galeries aux murs ornés de peintures, ses vastes salles bordées de colonnades, ses magasins qui abritaient d’énormes jarres remplies de céréales, d’olives, de fruits, d’huile, de vins divers provenant non seulement des vignes de l’île, mais aussi des îles voisines et de la Syrie. Même la résidence royale de la grande ville du Sud lui paraissait étriquée par comparaison. D’autant plus que le palais du roi des Deux-Terres était fait de briques crues revêtues de stuc, alors que celui du roi de Cnossos était fait de pierres soigneusement taillées, dissimulées sous des parements de gypse éclatants de blancheur, ou de fresques sur lesquelles revivaient la nature de l’île, faite de montagnes et de rivages donnant sur une mer poissonneuse, ainsi que des scènes de la vie du palais, tandis que les sols étaient couverts de dalles de schiste ou de marbre.Le bâtiment présentait tant de salles, tant de galeries sur plusieurs niveaux que Khéty n’osait encore s’y aventurer seul. Il en avait déjà pris l’initiative le lendemain de son arrivée à Cnossos, mais il s’était bientôt égaré dans ces couloirs parfois mal éclairés qui lui rappelaient le château du Serpent, près du grand lac du Sud. Aussi suivit-il Yawa, qui l’emmenait devant son père et devant sa mère. Ils traversèrent une galerie dont les murs étaient ornés de peintures figurant des haches à double fer.
Guy Rachet
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